Le monde moderne nécessite que l’on propose des outils spécifiques aux aspirants spirituels. Mon long et complexe parcours m’amène aujourd’hui à proposer un cheminement particulier, issu de mes efforts intérieurs, des enseignements de mon maître Salim Michael, et des tentatives que j’ai faites pour partager mes expériences.
Au terme de toutes ces années — plus de trente ans de méditation, dont cinq auprès de Salim et quinze consacrés à l’accompagnement d’aspirants — j’en viens à proposer une voie à la fois plus encadrée et plus complète. Je comprends qu’il est nécessaire d’être à la fois plus ouvert, pour s’adapter à la configuration unique de chaque aspirant, saisir là où il en est et lui proposer les outils adaptés à son appel intérieur ; et plus directif, car mon temps est limité et je choisis de le consacrer prioritairement à celles et ceux qui ont le désir sincère d’avancer avec mes propositions, en présentiel.
Ainsi, j’offre, à partir de maintenant, un cursus qui ne se dévoile qu’au fil des explorations de chacun dans le système proposé. Le principe, validé depuis longtemps, veut que pour comprendre réellement des pratiques, il est essentiel de s’imprégner de l’ensemble du corpus du système (pensées, vision, pratiques) afin de goûter à la quintessence de ce qui est proposé. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il devient possible de se faire une idée claire de ce qui est offert et de voir si cela nous convient ou non. Il n’est pas possible de le savoir simplement en comparant des idées ou des pratiques entre elles ; l’essentiel que l’on recherche dépasse les idées et les techniques, et reste conditionné par l’unité d’un seul système.
Mélanger des idées ou des pratiques est souvent un obstacle à une compréhension très profonde. Cela peut être utile pendant un temps et apporter des améliorations, mais arrivé à un certain point, il devient nécessaire de se concentrer et de s’engager dans un système unique. Notre cerveau ne peut suivre des informations contradictoires ou incohérentes, et c’est ce qui se produit lorsqu’on approfondit un système : il propose des vues particulières, différentes, parfois opposées à d’autres perspectives. Il ne s’agit pas que ces vues soient plus justes, mais simplement qu’elles correspondent mieux aux pratiques proposées, formant ainsi, dans leur cohérence énergétique, psychique et spirituelle, le doigt qui pointe parfaitement la lune.
À mon époque, quand je suivais mon premier enseignant spirituel dans les années 1990 et que je me suis senti incompris et délaissé après deux ans de cheminement, il n’y avait guère d’autre choix possible. J’ai dû attendre cinq ans, dans un véritable désert spirituel, avant de rencontrer Salim Michael en 2000. À cette époque, il n’était pas envisageable de suivre plusieurs enseignements, tant les propositions étaient rares et souvent cachées. On restait dans le périmètre d’un unique « maître ». Aujourd’hui, une pléthore de choix s’offre à nous dans diverses directions, souvent de bonne qualité (par rapport à la voie choisie). C’est la nouvelle réalité, avec ses avantages et ses inconvénients.
Je souhaite élaguer un certains nombre de propositions antérieures pour ne valider qu’une seule direction. Celle que je vous propose ici.
INTRODUCTION
Comme le rappelait souvent mon maître Salim Michael, les trésors spirituels que nous portons en nous sont si extraordinaires et merveilleux qu’ils méritent qu’on y consacre du temps, de l’énergie et de la recherche. Mais tout cheminement commence par un premier pas, ici et maintenant, dans les conditions qui sont les nôtres, qu’elles soient favorables ou non. Il ne faut pas se laisser berner par l’idée d’un temps futur idéal pour entreprendre une telle démarche : ce temps ne vient jamais, comme j’ai pu le constater auprès de nombreuses personnes qui entretenaient cette illusion.
Je ne regrette aucun instant de ce temps dédié à ce cheminement, aucune des milliers d’heures investies. Chaque étape a transformé plusieurs fois le cours de ma vie, sa qualité et ses possibles, vers un indéniable mieux-être. Cela m’a sauvé et ouvert à l’infini d’une manière qu’il est difficile de décrire tant les surprises et les émerveillements se sont succédé.
Sur mon chemin, l’une des choses les plus incroyables — avec le recul — fut la sensation de plénitude et d’émerveillement qui s’est révélée régulièrement depuis le tout début. Chaque expérience, dizaines voire centaines d’entre elles, donnait l’impression que l’on était arrivé tant on se sentait rempli et ébloui par la beauté de l’être, de la conscience ou de l’intelligence dévoilés. Il n’y avait plus ni passé ni futur. Le chemin disparaissait pour laisser place à une forme d’éternité, même dès les premières expériences. Et chaque fois l’expérience était renouvelée en profondeur et transformait tout.
Ce que je propose, je l’ai véritablement réalisé. Je ne suis pas un être humain parfait, loin de là. Ce n’a jamais été mon but. J’ai seulement réussi à me libérer des prisons de la souffrance physique et mentale qui m’ont été imposées dès mon plus jeune âge. J’ai reçu la grâce, après un long travail sur mon Être, ma Conscience et mon Intelligence, de voir mon « je » intime se lier profondément au Divin. Ainsi se joue dans ma vie — parmi d’autres rôles — celui de messager éclairé de l’Un.
Salim qualifiait son enseignement de précieux et de rare, car jamais auparavant n’avait-il été présenté avec autant d’outils de façon aussi claire. J’en témoigne, car à l’époque Salim était le seul à exposer clairement le processus de la Présence. C’est pourquoi, de son vivant, il était reconnu par certains maîtres, mais jamais officiellement à sa juste valeur : trop atypique, trop entier, trop généreux. Aujourd’hui, je poursuis l’œuvre qu’il m’a transmise en la transformant, enrichie par les explorations spirituelles rencontrées sur ma route ou reçues. Beaucoup de chemin a été parcouru, et aujourd’hui je ne peux faire autrement que de partager ce que je porte, car les temps sont comptés. Ce que je vous propose s’inscrit, selon moi, dans cette lignée d’enseignement original, légèrement décalé, à laquelle Salim était rattaché.
I. LES LIMITES DU CERVEAU ET LA PRÉSENCE
Sans qu’il soit possible de le percevoir au départ, notre cerveau est limité en matière de compréhension et d’être.
Les limites de la compréhension sont difficiles à détecter pour chacun, même si parfois on peut les percevoir chez un autre dont le fonctionnement diffère. Mais cette perception reste partielle et ne révèle en rien l’immensité de notre incompréhension. J’entends par là une incompréhension structurelle : elle ne peut pas être « réparée », car rien n’est cassé ; c’est une limite indépassable, inscrite dès notre naissance.
Je ne parle pas ici seulement des connaissances à acquérir dans un chemin spirituel : elles sont indispensables et précieuses, et dévoiler notre intelligence fait partie du chemin. Je parle d’une limite que porte notre cerveau et qu’il ne peut combler. Cette limite est importante à reconnaître car elle nous rappelle deux choses : premièrement, nous ne pouvons jamais saisir la complexité totale de la réalité, surtout dans le domaine spirituel ; deuxièmement, nous ne pouvons maintenir en mémoire active toutes les compréhensions réalisées. À chaque instant, seule une partie est présente. L’être humain devient alors volatile dans sa perception : changeant selon les pensées actives, comme s’il portait des lunettes colorées qui changent plusieurs fois par jour.
Un aspect encore plus subtil concerne la sensation d’être lié au cerveau. Sans le réaliser, nous sommes traversés par des vagues de pensées successives, souvent sans lien logique. Et même en constatant cette discontinuité, nous continuons à croire en une continuité que le cerveau produit : une impression d’essence ou d’être. Mais il est possible, comme je l’ai expérimenté, de percevoir la discontinuité de cet « être » cérébral. Lorsque nous atteignons une clarté profonde de la Conscience — celle qui traverse ou englobe la conscience naturelle, surnaturelle et même celle des rêves — il devient possible de voir cette discontinuité flagrante. L’illusion tombe. C’est à la fois étrange de constater le bégaiement du cerveau et sa totale impermanence, et une beauté infinie que de sentir cette Conscience si vaste, dépassant le cerveau, apportant une continuité véritable, une paix réelle, une espérance qui rend caducs toutes les ignorances et illusions du passé.
Cela conduit à envisager la Présence comme notre seule réalité pérenne. Progressivement, nous devons intégrer dans chaque cellule la valeur de la Présence, ici et maintenant, mais aussi dans l’après-vie. Tout le reste est une forme d’illusion, qui n’est pas en soi un mal, mais sur laquelle il est vain de s’appuyer ou de construire sans la Présence. Avec la Présence, l’illusion prend tout son sens, car elle permet à la Présence de grandir à travers les expérimentations menées sous son regard.
II. LES RÉALISATIONS QUI DONNENT DU SENS POSITIF : L’ESPOIR ET LA BEAUTÉ
S’il est vrai que le cheminement comporte un volet de transformation de nos souffrances, incapacités ou conditionnements, il recèle aussi un trésor à dévoiler dans la Réalité spirituelle. Ce trésor, pour moi, prenait la forme — dans les enseignements de Salim Michael — de la notion de Divin et de la réalisation d’un infini sans forme. C’était mon Graal. Commencer à y goûter m’a donné envie d’aller jusqu’au bout pour tout dévoiler.
Aujourd’hui, je constate que le concept de sacré a changé de sens dans ma vie, car je vis dans une civilisation où ce terme est galvaudé. Le sacré demeure cependant dans des espaces profonds en nous-mêmes, espaces qui, progressivement, s’étendent. Dans ces espaces, il trouve toute sa place : une paix et une unité qui dépassent ce monde.
La nature peut apporter beauté et sérénité au début du chemin, mais à mesure qu’on avance, elle révèle aussi une forme de combat, de sélection intense, emplie d’informations. C’est pourquoi accéder au silence du vide, au calme de la vacuité et à l’unité de la plénitude dans les espaces intérieurs d’une Réalité spirituelle est extrêmement précieux. C’est goûter un calme si profond, s’unifier si fort que de nombreuses blessures semblent disparaître, et découvrir une manière d’être si puissante qu’elle se révèle incontournable, essentielle. C’est presque une forme de paradis terrestre.
Cette réalisation peut devenir active dans nos relations avec le monde extérieur, au cours des activités quotidiennes. Mais attention : ce paradis n’est pas celui d’un lieu source de jouissance intense ou d’émotions fortes. Car ces émotions, bien que nécessaires au début, portent en elles leur contraire : la peur du manque ou de la perte, qui nous conditionne à souffrir encore et encore.
Ce qui se révèle dans mon cheminement actuel, c’est une clarté très intense qui apporte une espérance incroyable. C’est très beau et difficile à décrire tant c’est profond, touchant tous les aspects de mon être — tête, corps, cœur. Cela me porte à cheminer avec davantage de légèreté. Ce n’est plus un cheminement isolé ni le constat d’un monde en opposition, mais une ouverture à l’Unité.
Dans cette clarté se dessine un espoir particulier, qui semble vouloir nous traverser et se diffuser dans le monde des formes, des humains. Un partage non intellectuel, mais une transformation, une énergie qui traverserait le monde à travers nous.
III. L’ENSEIGNEMENT
Ma proposition nouvelle possède ses particularités tout en s’inscrivant dans la lignée classique d’un chemin spirituel centré sur la Présence Divine.
J’ai proposé ultérieurement beaucoup de pratiques différentes qui correspondant à des voies et des niveaux différents. C’était en lien notamment avec mon élan de toucher tout le monde et mon desir de partager tous les plans que je vivais. Aujourd’hui il m’apparaît naturel d’élaguer ces propositions et de recentrer mes propositions sur un programme pour Un Chemin. Tout m’apparaît comme fluide et évident pour cet accompagnement.
A. Les bases
Voici les éléments clés à connaître, socles de toute recherche spirituelle. Ils sont communs à nombre de voies et doivent être intégrés dès le début du cheminement. Cela ne signifie pas qu’ils sont faciles ou basiques : chacun renferme plusieurs niveaux de compréhension, qui se dévoileront progressivement. Ils constituent les fondations d’une édification intérieure : d’abord un chantier, puis une évidence.
Le but principal est de dévoiler notre nature profonde. Il s’agit de se libérer suffisamment des souffrances et conditionnements pour laisser émerger notre Être et notre Conscience dans leur beauté, liberté et sérénité, quelles que soient les circonstances extérieures. Cela est accessible par nature à chaque être humain.
Ce chemin exige trois axes essentiels : un engagement (routine quotidienne), des connaissances (ouvrir une nouvelle compréhension de soi), et une aide avisée (recevoir et valider les outils utiles à ce cheminement).
Il est essentiel de se poser la question motrice de ce désir de cheminement. Plusieurs motivations peuvent émerger : trouver un équilibre en situation de stress, apporter sérénité au quotidien, rencontrer le Divin, découvrir sa profondeur, guérir certains maux, se libérer de conditionnements douloureux… Mais comme le disait Salim, nous ne savons pas vraiment ce que nous voulons au plus profond de nous-mêmes. Nous ressentons un appel, une intuition, un manque mystérieux. Il est donc important de revenir régulièrement à la question : « Quelle est la nature de mon désir ? » pour la clarifier et la nourrir. Ce désir est un moteur puissant du chemin intérieur.
Le socle central d’une voie spirituelle est l’attention. L’attention est la clé de tout. C’est l’outil invisible de la méditation : comprendre que nous l’utilisons sans le savoir, qu’elle est la seule maîtrise profonde capable de changer la vie en nous, de dévoiler ce que nous sommes et ce qui se trouve en nous. L’attention est comme un faisceau lumineux que nous portons, consciemment ou non, vers les zones en nous que nous souhaitons activer ou éclairer. Lire, écrire, bricoler, faire du sport ou communiquer : tout commence par une attention qui ouvre une fenêtre sur notre tableau de bord intérieur. En découvrant cela, on apprend à ouvrir ou fermer les fenêtres intérieures que l’on souhaite ou non laisser actives. C’est la base de la concentration, du lâcher-prise, de l’observation, de la vigilance, de l’ouverture intérieure et de la connexion à l’instant présent. Un soft pouvoir de notre équilibre intérieur.
Puis l’attention dévoile des dimensions plus profondes : la nature de notre conscience, ses trésors. C’est alors un chemin d’harmonie, de paix, de bonheur. Et encore une fois, l’attention demeure au cœur d’un mystère immense.
Le mental et les conditionnements (familial, éducatif, social, personnel) sont les nuages qui masquent la réalité du soleil de l’Être que nous pouvons incarner. Ce que vous cherchez se situe au-delà du mental et de vos conditionnements. Pourtant, vous y êtes profondément attachés, souvent plus que vous ne le pensez. Le chemin consiste à comprendre leur juste place et à vous en libérer progressivement, hors de leur emprise parfois violente ou exclusive. Une partie essentielle de la Voie est d’apprendre à vivre différemment, grâce à une ouverture du champ de conscience qui dépasse nos limites. Notre proposition est singulière : elle vous invite à une ouverture particulière parmi des dizaines de possibles. À mesure que votre réalité intérieure se dévoile — votre feu spirituel, votre appétit de sérénité, votre pouvoir de lâcher-prise, votre désir d’être — vous vous engagez dans une aventure extraordinaire, qui durera toute votre vie. Vous ne pouvez imaginer toutes les merveilles à découvrir en lien avec la Conscience et l’Être.
Le chemin avec l’attention vous conduit à mieux accéder au lâcher-prise, à en comprendre la valeur essentielle. Et le lâcher-prise vous mène à ce moment clé du chemin : mourir à certains aspects en soi. C’est une étape précieuse, source de renouveau et de renaissance. Ce ne sont jamais « vous » qui mourrez, mais uniquement des aspects auxquels vous étiez attachés, devenus inutiles voire toxiques pour votre chemin actuel. Il est inutile de garder sa fourchette après le repas de midi si l’on va faire du vélo ou reprendre le travail — lâchons-la. Il est inutile de garder tous ses jouets d’enfant à l’âge adulte — c’est trop encombrant. Craindre ces morts intérieures, c’est laisser trop d’attention prisonnière dans ces fonctionnements, sans réaliser qu’elle vous maintient dans un mode où souffrance et dysfonctionnement persistent. Couper, c’est libérer ces forces investies, longtemps prisonnières, incapables d’autre chose que nourrir ce qui nous pèse.
B. Les points-clés distinctifs
Les spécificités de la voie proposée ici sont : la notion des deux cercles, une approche particulière de la Connaissance, et une pratique vivante et accompagnée.
Les deux cercles
Je structure mon enseignement en deux cercles pour vous protéger de vous-même. Je ne vous parlerai ici que du premier cercle, afin de ne pas donner à votre cerveau des données inutilisables qui fausseraient le processus. Cela garantit que le cheminement reste clair et direct. Dans ce premier cercle, toute l’attention se porte sur la Présence : ce qu’elle est, pourquoi, comment l’accueillir.
Les outils de la connaissance sont vides en soi. Ce n’est pas la richesse des mots qui importe, mais l’expérience cachée en eux. Il n’y a rien d’ésotérique ici, simplement un chemin pour celles et ceux qui se sentent appelés. Quand on est dans le premier cercle, rien n’est à aller chercher dans le second : ses outils y sont obstacles.
Chaque cercle est autonome, sans continuité naturelle entre les deux. Le passage du premier au second se fait uniquement lorsqu’une proposition de l’enseignant résonne en vous. Et ce second cercle ne peut être abordé que lorsque le premier a été accompli en totalité.
La connaissance dans le premier cercle
Elle est essentielle car elle offre les moyens d’accéder à la Présence via des outils comme l’accueil, la division de l’attention et l’équilibre de la trinité intérieure. Ces outils, qui seront détaillés dans la section pratique qui suit, sont, sous cette forme et association, spécifiques à la voie que je vous propose.
Une autre spécificité est celle de l’association de l’idée non duelle (Tout est déjà là) avec celle d’une œuvre spirituelle intérieure (en attente de création). Je vous explique cela aussi dans la section allégorie du chapitre pratique.
Cette connaissance permet avant tout de découvrir progressivement le sens de sa vie en révélant la valeur et la signification de la Présence.
La vision directe de l’enseignant
Un des éléments particuliers de ce chemin est la présence vivante d’un accompagnement direct. Sur la voie intérieure, là où se jouent les mouvements subtils de l’attention et de la conscience, l’enseignant peut lire — en temps réel — les processus en cours chez l’aspirant. Il ne se contente pas d’enseigner des principes généraux ; il accompagne le travail intérieur en le percevant pendant qu’il s’opère, et aide à sa reconnaissance. Cela permet d’éclairer des expériences encore floues, de confirmer certaines intuitions naissantes, et d’accélérer considérablement l’intégration. Il ne s’agit pas ici de dépendance, mais de gagner en clarté pour une autonomie grandissante dans la conscience.
Concrètement, cela signifie que je peux ajuster la pratique quotidienne de l’aspirant. Contrairement à la plupart des enseignements, où une forme fixe est transmise (souvent une méditation centrale, répétée à l’identique chaque jour, quels que soient les résultats ou les états traversés), je propose une approche évolutive, issue d’une lecture vivante du chemin intérieur. C’était le cas dans l’enseignement que j’ai reçu de Salim Michael, dont la pratique était fondée sur la régularité d’une forme précise. Cette voie est précieuse. Je m’en suis nourri. Mais je propose ici un angle complémentaire, non opposé.
Sur ce chemin, j’adapte fréquemment la pratique d’un aspirant au fil de ses transformations. La non-forme est un appui fondamental : elle permet à la Présence de se dévoiler sans être enfermée dans un cadre rigide. Mais cette souplesse doit être tenue avec discernement. L’aspirant ne doit pas se perdre dans l’instabilité ou le doute. Il est donc essentiel qu’il dispose de repères solides — des formes simples, ajustées, vers lesquelles il peut toujours revenir, notamment dans les périodes de confusion ou d’épreuve.
Je le rappelle ici avec force : mon rôle n’est pas de remplacer un maître intérieur, mais d’aider à la découverte vivante de la Présence du Soi. Lorsque cette rencontre a lieu, la dépendance disparaît d’elle-même. L’aspirant peut alors s’appuyer sur une pratique qui devient sienne — stable, féconde, silencieusement nourrissante. Il n’est pas question de changer la forme par habitude ou par peur de la forme. Une forme de méditation qui ouvre presque invariablement à la Présence est précieuse. Elle mérite d’être approfondie, intégrée dans la chair, inscrite jusque dans le système nerveux.
IV – LA PRATIQUE
Processus du premier cercle :
Rester dans la simplicité pour apaiser le mental. Rechercher la Présence, la goûter, la valoriser, s’y immerger.
S’appuyer sur la méditation.
1. La simplicité
Il est essentiel d’ancrer la Voie dans une forme de simplicité. Une spiritualité dépouillée, tournée vers l’essentiel : cheminer vers le Divin en soi, sans se perdre dans la complexité des doctrines ou des systèmes. Ne pas chercher à comprendre ou expliquer le monde dans son ensemble, ni à intellectualiser la spiritualité : cela alimente le mental et nous éloigne du cœur vivant de l’expérience.
Ce chemin invite à vivre la Présence plutôt qu’à l’analyser. Il repose sur trois piliers fondamentaux :
- Se rappeler de la Présence, comprendre sa valeur profonde – pour notre être, nos blessures, nos actes, notre lien au monde.
- Vivre la Présence, l’approfondir, l’habiter pleinement.
- Nourrir en nous le désir et le plaisir de cette Présence, tant en méditation que dans la vie quotidienne.
Il est donc préférable de ne pas chercher à maîtriser les processus de manière mentale, mais plutôt de faire confiance à son intuition, à ses intelligences profondes – au-delà des mots.
L’objectif est d’accéder à une réalité située au-delà du mental. Apprendre à vivre parfois sans lui, ou avec un mental mis au repos, permet de retrouver une juste relation à celui-ci une fois la Présence installée. Dans cette démarche, on ne tente pas de « déjouer » ou de « corriger » le mental de manière frontale. On cherche plutôt à le transcender, à travers l’expérience directe de la Présence. C’est dans cet espace que la méditation devient centrale. Elle permet d’éprouver la Présence et de modeler une manière d’être nouvelle.
Cela n’exclut pas la compréhension de nos blocages ou limitations. Bien au contraire. Mais cette compréhension doit toujours être guidée par l’élan vers la Présence, et non par un effort volontaire de modification mentale. C’est l’ouverture à la Présence qui transforme le regard intérieur, qui repositionne le mental à sa juste place, là où il cesse de nous faire souffrir.
2. La pratique de la méditation
Voici les fondements de la méditation dans ce premier cercle. Chacun de ces points recèle plusieurs niveaux de subtilité. Il est précieux de les découvrir lentement, un à un, en fonction de ses dispositions et de ses besoins. L’idéal est d’être accompagné dans cette progression. Ces points ABCDE sont donc les axes principaux de la méditation personnelle (sa routine de préférence non guidée par une voix) du cycle 1. Il est préférable d’aborder chaque point un par un et d’attendre de bien le maîtriser avant de passer au suivant. L’idéal est de demander un partage zoom pour savoir quoi pratiquer.
Avertissement important : plusieurs types de méditations sont proposées ici et cela peut générer, pour certains, un trouble pour savoir quelle devrait être sa méditation personnelle. J’entends par là la routine sur laquelle s’appuyer comme cela est proposée dans la plupart des enseignements traditionnels. Si, ici, j’expose un ensemble de propositions (sans être exhaustif) c’est pour donner consistance à la Vue générale de l’enseignement et pour que tous les aspirants quelque soit leur niveaux y trouvent une certaine résonance avec au moins 1 pratique. Cela donne aussi à voir la vasteté du Chemin, comme une richesse inouïe de réalisations et de dévoilement dont chacun est à lui tout seul un Tout extraordinaire.
Aussi et je ne saurai insister suffisamment sur ce point tant il est crucial : le chemin proposé, à ne pas confondre avec les mots qui essayent d’en décrire le contour ici, est individuel et s’appuie sur les propositions qui vous sont données personnellement lors d’un échange direct. Vous êtes responsable de votre pratique et ce n’est pas à moi de venir à vous pour vous apporter des corrections ou pour veiller à votre cheminement, même si l’on se croise dans des stages ou des séances de thérapies (que je distingue des partages spirituels). C’est à vous qu’il appartient de me solliciter. Vous, à qui il appartient de noter mes propositions personnelles (et ne pas attendre que je m’en rappelle ). Et vous, à qui il appartient de pratiquer régulièrement.
Maintenant je sais oh combien le Chemin doit s’adapter à chacun e et qu’il n’y a rien à réussir. Le rythme de notre cheminement ne nous appartient pas vraiment et parfois il nous faut vivre certaines étapes de vie stagnantes un peu compliquées.
Toutes vos demandes spirituelles seront accueillies avec vigilance et bienveillance, il n’y a pas de petite ou mauvaise question.
Dans le passé, j’ai publié beaucoup de méditations guidées différentes et maintenant je souhaite élaguer dans ces propositions pour apporter les éléments d’Un seul Chemin. Pour autant, je vais refaire un podcast de méditations guidées, qui va accompagner la proposition portée par ce texte. Dans ces podcastguidés à venir, il ne faudra pas prendre ces méditations comme des méditations personnelles, des routines. Il s’agira plutôt d’une forme d’enseignement général sur la spiritualité. Je trouve que le support de la méditation guidée aide plus qu’une lecture pour certains enseignement et notamment pour préparer des insigths.
Ainsi, oui la méditation guidée va continuer à faire partie de mes propositions pour vous amener vers des petits insights (lors des podcasts) ou des plus grands (lors des stages et retraites). Mais c’est la méditation personnelle, celle de votre routine, que vous effectuez seul e qui sera un élément essentiel de votre cheminement. Et ce chapitre vient vous apporter des outils pour constituer la méditation personnelles adaptée.
A. L’Accueil comme outil
L’accueil est une manière nouvelle d’orienter l’attention – plus douce, plus ouverte. On ne projette plus l’attention vers un objet, on élargit la conscience. On ne « saisit » pas une sensation, on l’invite à émerger, à se dévoiler dans le champ de la conscience.
Cette attitude atténue la tension entre l’observateur et l’objet observé. Le recul s’installe, mais sans effort, de manière plus fluide et durable. L’accueil peut être pratiqué plus longtemps, plus aisément. C’est là l’une de ses grandes forces.
Cette pratique affine notre rapport à l’attention. Elle affaiblit l’emprise de l’ego, cultive le lâcher-prise, développe une sensibilité fine, presque tactile, au mouvement de la conscience.
L’accueil nous ouvre l’accès à ce que Salim Michael appelait « l’autre côté du miroir » : un pressentiment de la conscience elle-même. C’est un point de bascule inestimable.
B. Le silence et la vasteté de l’accueil
L’accueil maintient un équilibre rare : celui d’un contact sensible avec le monde physique (à travers une sensation) et d’un approfondissement de la conscience elle-même, dans son mystère et sa vasteté.
Progressivement, on perçoit l’accueil non seulement comme un geste attentionnel, mais comme un espace silencieux et immense. Ce silence transforme. Il nettoie, il ouvre. C’est un champ qui s’ouvre pour accueillir la Présence d’abord à l’instant présent puis à Soi.
C. Présence à l’instant présent, Présence à soi
Il est essentiel de distinguer deux étapes :
- La Présence à l’instant : ouverture tranquille à ce qui est, sans réaction ni jugement. Une perception claire et déliée de l’instant vécu.
- La Présence à soi : sentiment d’unité intérieure, clarté ouverte, descente en soi. Parfois, la sensation d’être « porté », comme accompagné.
Cette seconde étape doit être revisitée fréquemment pour être pleinement reconnue. Elle marque un tournant dans l’expérience de la Présence.
D. Les espaces entre les pensées
En méditation, on peut apprendre à plonger dans les profondeurs du silence intérieur. On s’ancre, on s’ouvre à la Présence, et on perçoit peu à peu le mental en arrière-plan – comme un murmure diffus.
Pour cela méditer, s’ancrer, s’ouvrir à la Présence puis écouter le silence intérieur. En même temps, prendre conscience du mental en fond d’écran. Percevoir qu’il y a des pensées comme un murmure ou une ombre ou quelque chose de plus prononcé. Ne pas s’attacher à ces pensées, rester sur le silence mais voir quand ces pensées de fond disparaissent et avant qu’une autre apparaisse il y a comme un espace (ou simplement sentir la qualité du silence qui change).
Privilégier ces espaces en cherchant à être Un totalement (donc sans les pensées, c’est juste une intention détendue).
Ne pas chercher à forcer, mais à s’unifier dans cette vacuité. Y plonger comme on plongerait dans l’eau calme d’un lac.
E. Beauté et dévotion
Essayer de s’ouvrir à un espace de dévotion ou de dépassement ou d’ouverture Divin (qui nous dépasse et que l’on ne peut que pressentir de loin) quelque part dans le plexus. C’est comme le trou du lapin d’Alice aux merveilles. Ne pas s’y engouffrer mais sentir qu’il approche une autre dimension ‘supérieure’. C’est pas tant de trouver une zone spéciale que d’avoir une forme de dévotion, de cœur tendre tendu vers l’Infini ou le Divin au sein même de l’espace d’Accueil et de sentir que ce sentiment cette zone est une porte vers quelque chose d’encore plus grand sans avoir a le toucher ni le définir mais simplement l’intuitionner. C’est comme une porte qui mène vers une autre dimension, pas vraiment vers le haut mais plutôt en profondeur
Cette approche correspond dans la pratique de Salim avec l’exercice où l’attention est portée sur le corps (sans accueil donc plus directement), plus selon sa capacité l’écoute du Nada, et une autre partie de l’attention portée comme devotionnellement vers le haut du corps, comme une ouverture à ce qui nous dépasse. C’est comme une porte qui s’ouvre au dessus de la tête.
F. Retraites intensives de 5 jours
Les retraites ont joué un rôle fondamental dans mon propre cheminement. Elles m’ont permis de dépasser des plafonds invisibles, d’approfondir la pratique au-delà des mots.
Je recommande à chacun d’en vivre au moins une par an. Elles sont conçues pour intensifier l’expérience : silence, progression structurée, soutien collectif. Elles peuvent être éprouvantes… mais toujours fécondes. On en ressort changé, renouvelé.
3. Une question à porter dans la journée
Il est important de développer une intelligence particulière en lien avec la spiritualité. Cela fait partie du cheminement. De même nous avons besoin d’apporter une énergie vivante à nos routines. Et ce sont nos interrogations qui peuvent nous y aider. Toujours briser la pellicule de glace qui finit par se déposer sur nos routines et qui fige tout avancée. Renouveler sa pratique la vivifier par de nouvelles découvertes, un nouveau regard, un nouvel élan.
Ces questions m’ont accompagnée durant de longues années. Elles ont été de précieux compagnons. Plus qu’une réponse mentale, ces questions nécessitent que soit mobilisées nos profondeurs pour qu’une réponse résonne juste à notre esprit ou à notre cœur.
Derrière chacune de ces question se cachent différents niveaux de compréhensions et d’implications. Il y a la question et le pourquoi de la question. Il y a la réponse et le but de la question.
- Qui suis-je ?Voir que nous ne sommes pas les pensées, ni les émotions ni le corps. Voir que la conscience et l’être sont fluctuants et que la Présence donne une consistance particulière à la Conscience et à l’Être. Mais quand la Présence s’évanouit, quelque chose de le l’Être et de la Conscience disparaissent aussi. Alors qui suis je ?
Ne pas forcement chercher à répondre mentalement à cette question mais plutôt la vivre comme un appel ou un rappel à ce qui est essentiel en moi.
- Où va mon attention ?
Car là où va l’attention va l’énergie et la vie.Suis je absorbé (comme prisonnier) dans un objet ? Ce qui signifie que je perd mon énergie et manque de recul. Je suis alors comme absent e intérieurement à moi -même et à la Présence.Ai je divisé mon attention (pour en garder, en plus de l’objet extérieur, pour un support sur mon corps) ? Et ces deux attentions sont elles alternées ou concomitantes, stables ou vacillantes ?
L’intérêt de la division de l’attention est simplement qu’elle libère et apporte un recul qui est le début d’une clarté intérieure.
- Suis-je unifié(e) intérieurement ?
Salim dirai « suis je entier e à cet instant ? »C’est à dire comment est ma pensée, mon sentiment et mon corps d’un point de vue spirituel ? Est ce que ma pensée est apaisée (et non en train de bondir d’une association à l’autre) ?Est ce que mon corps est détendu ?
Est ce que mes émotions sont sereines et donc stables et ouvertes (cela peut être aussi une certaine sérénité présente dans l’arrière fond, en plus d’autres émotions) ou est ce uniquement une émotion qui s’envole (joie, colère) ou plonge (tristesse, amertume) ?
- Quel est le désir de mon Être ?Il y a les différents désirs en nous qui sont en attentes d’être réalisés en fonction de notre karma, de notre environnement, de nos conditionnements naturels et acquis. C’est la danse de la Lila, de la vie qui nous emporte dans son jeu.
Et il y a les désir de l’Être : les désirs qui se révèlent avec la question du « qui suis je » ou de la pratique de la Présence. C’est notre Être qui nous susurre le chemin qu’il a besoin d’emprunter pour se vivifier.
A force de côtoyer cette question, nous pouvons identifier de plus en plus quel est le choix de l’Être dans les situations importantes de nos vies.
4. Trois allégories
Voici 3 allégories de trois traditions différentes pour nourrir des idées très complémentaires.
Si dans la voie on parle beaucoup de la nature de la conscience ou de dévoilement dans notre esprit, il est important de comprendre que ce ne sont que des images qui tentent d’exprimer une réalité très mystérieuse. Ainsi il est tout aussi juste, même si cela peut paraître contradictoire, de dire que sur le chemin il y a construction en nous d’une Œuvre spirituelle qui serait comme une arche d’Unité pour accueillir le Tout. Voici trois allégories qui en expliquent la nature. Voici des allegories de trois traditions qui me sont chers pour les avoir suivie et pratiqué.
- Allégorie Taoïste de l’enfançon.Dans le taoïsme, l’enfançon spirituel symbolise la seconde naissance, celle de l’être réalisé ou du sage. Ce n’est pas un retour à l’enfance psychologique, mais une naissance spirituelle dans l’unité et la pureté, libérée de l’ego, du désir et de la dualité.
« Pour entrer dans le Tao, il faut redevenir comme un enfant » – Laozi, Daodejing
Il ne s’agit pas d’une métaphore vague : dans l’alchimie taoïste, cet enfançon est décrit comme un embryon d’énergie subtile, formé dans le centre vital du corps.
On pourrait dire que l’enfançon, dans sa forme aboutie, est ce corps de lumière que certaines traditions (bouddhisme tantrique, gnosticisme, christianisme ésotérique) évoquent aussi sous d’autres formes (corps de gloire, corps d’arc-en-ciel, etc.).
Il s’agit dans la vision taôiste de la création d’une œuvre en soi, qui est le fruit de pratiques spirituelles. Nous pourrions dire que si le dévoilement permet à la Nature de la Conscience de commencer à se révéler, l’œuvre de construction en soi permet de sertir le joyau pour en sublimer la beauté et pouvoir le porter à chaque instant.
- l’allégorie du Feu de l’alchimie occidentale :Un feu subtil continu maintenu sur une grande durée peut amener à une transmutation profonde. C’est une réalité « alchimique » qui peut être expérimentée facilement, par exemple avec les décoctions de racines (comme en médecine chinoise). Faites une décoction lente sur 14 heures et vous obtiendrez un produit aux vertues bien différentes d’une décoction de 20 minutes. C’est une réalité qui m’avait marqué quand je l’ai découverte avec mon professeur chinois. Je l’ai réexpérimenté en spagyrie. Le feu doux et continue transmute vraiment. C’est la même chose en spiritualité, le feu d’une attention douce et continue, peut opérer des miracles en nous.
Il est absolument essentiel de s’accrocher à sa routine spirituelle (notamment la méditation quotidienne) même dans les pénombres émotionnelles ou mentales. Car le feu spirituel a le pouvoir de continuer son œuvre même quand il est enfoui sous la souffrance ou le désert. Abandonner sa routine c’est briser une chaîne de continuité et d’efforts.
Salim évoquait souvent l’image du feu spirituel qui brûle en nous les scories et fait naître une nouvelle forme, comme dans l’atelier du forgeron.
- les enseignement de la 4eme voie (Gurdjieff) disent que nous sommes, depuis le début, inachevé, fragmenté, inconscient de nous-même, et vivant mécaniquement. Notre unité intérieure — la cohérence d’un être pleinement éveillé à notre nature — n’est pas donnée, elle doit être acquise par un long et difficile travail sur soi.On ne naît pas une seconde fois (la naissance spirituelle) par miracle, mais par un effort soutenu d’une nature spécifique, dans le feu d’une pratique rigoureuse, parfois ascétique. La naissance à l’Être est une forme d’alchimie intérieure, où il faut faire mourir ce que l’on croit être pour laisser advenir ce qui Est en attente de réalisation, la graine d’Absolue.
Actuellement, je ne prends plus totalement à la lettre ces allégories, mais je sens résonner leur profonde justesse. Leur quintessence est de nous faire comprendre l’importance de la continuité de la pratique intérieure et de nous stimuler à ne rien lâcher. Ce qui se façonne en nous est un mystère qui implique le corps la Conscience, l’Être et la Connaissance.
Salim disait que nos efforts spirituels n’étaient jamais vains et qu’ils s’engrangeaient progressivement jusqu’à l’avènement d’une renaissance particulière.
5. Pour les pratiquants avancés
a) Instant présent et éternité
Comprendre la différence entre l’instant et la vacuité qui elle rapproche de la sensation d’éternité. La présence à soi n’est pas une fin mais un continent à explorer, vous ne faites que fouler ses cotes, pénétrez plus avant.
L’éternité et la vacuité sont ses profondeurs. Apprendre à s’abandonner à la Présence pour s’immerger dans sa réalité totale, où il n’y a plus que Conscience (surnaturelle) et où la notion de vacuité peut être dévoilée puis celle de conscience sans forme.
b) Méditation dans l’action
Diviser l’attention entre vacuité et monde extérieur, jusqu’à ce que la sensation d’un corps immergé dans la vacuité émerge au sein même de l’agir. Ne pratiquer cela que si la vacuité est déjà profondément reconnue.
c) Jeûne d’informations spirituelles
A un moment donné il devient essentiel d’arrêter d’accumuler de nouvelles informations spirituelles et particulièrement celles qui différent de notre voie principale. Rester avec tout ce que l’on a reçu pour pouvoir lui laisser le temps de germer de grandir et de se fortifier. Cela nécessite minimum 6 mois de temps. L’idéal est de le faire entre 2 retraites spirituelles. Sans que l’on s’en rende compte les informations reçues sur le plan spirituelle nous inspire et nous stimule mais elle ajoute une forme de confusion, de débat intérieur, de questionnement ou simplement des couches de savoir. Arrivé à un certain stade, quand la présence a été reconnue suffisamment de fois, cette étape est nécessaire pour que naisse nos propres compréhension sans que celles ci soient mises en question. Il est important d’aller au bout de ses recherche et réponse intérieures tant sur le plan d’une compréhension galerne que de la pratique. Ensuite il peut y avoir confrontation avec l’enseignement principal pour voir ce qui doit être ajuster ou pas. Mais cette approche permet de vraiment avancer dans une direction.
6. La mort
Comprendre l’étape de la mort est essentiel. Car nous entretenons bien des illusions à son sujet. La mort constitue un tournant décisif de l’existence : une étape difficile, certes, mais qui peut devenir un tremplin vers une réalité extraordinaire, au-delà de notre compréhension ordinaire.
Les EMI (expériences de mort imminente) donnent une vision partielle, et parfois trompeuse, de ce moment. Ce ne sont pas des morts à proprement parler, mais des arrêts temporaires, une suspension du processus vital sans dissolution complète. Or le corps humain est une structure complexe, une alliance de différents plans de réalité. Certaines de ses forces — liées à la terre, à l’instinct vital — retournent naturellement à leur source au moment de la mort véritable. Elles sont essentielles car elles influencent notre énergie, nos élans, notre manière d’aborder la vie. Pendant une EMI, ces forces ne quittent pas encore le corps : elles restent actives, comme lors d’un voyage astral.
Dans la mort réelle, leur séparation est irrévocable. Et cette rupture peut être un bouleversement radical, auquel il nous faut nous préparer. De la même manière, nous sommes tissés de dimensions en lien avec l’astral, mais aussi de consciences indépendantes de cet astral. Or, là encore, dans les EMI, la séparation entre ces différents niveaux n’est pas encore survenue. C’est pourquoi ces expériences, aussi puissantes soient-elles, ne reflètent pas la totalité du passage.
Nous ne vivrons pas la mort avec le même état de conscience qu’une EMI. Ces dernières ne sont, au fond, qu’une sortie de corps particulièrement intense, d’où émanent les récits connus. D’ailleurs, de nombreux témoignages sont loin d’être paisibles. Ils reflètent souvent des confrontations avec des contenus intérieurs : émotions enfouies, conditionnements inconscients, charges karmiques.
J’ai observé que, pour les personnes relativement jeunes (50 ou 60 ans), mourir est difficile. L’attachement à la vie est fort. Les illusions sur la mort sont encore nombreuses. À cet âge, beaucoup espèrent encore, attendent, veulent saisir. Cette tension trouble leur Vision. L’essentiel leur échappe.
Le moment du réveil, chaque matin, offre un terrain de préparation à la mort. Il révèle à quel point notre esprit est encombré dès l’aube : pensées, impulsions, désirs, résidus de rêves. Parvenir, dès les premiers instants, à revenir à une non-pensée, à un calme profond, à une Présence silencieuse, est un exercice d’une rare exigence. Il nous apprend à mourir à ces mouvements intérieurs, tout comme il nous faudra, le moment venu, mourir à tout cela pour retrouver l’Essence — et ne pas être emporté dans les mondes de l’astral.
Avant même cet exercice matinal, l’ensemble du Chemin est une formidable préparation à la mort. Même si cette échéance semble lointaine, elle donne sens à notre engagement. Dans les sociétés anciennes, primitives ou traditionnelles, la mort n’était pas séparée de la vie. Elle faisait partie du tissu existentiel. Elle était intégrée sous forme d’initiation, non seulement pour apprendre à mourir, mais surtout pour apprendre à vivre : vivre pleinement, justement, en Conscience et en Être. Car la mort, en vérité, est la fin de l’illusion.
ANNEXES (cycle 1)
— Sur la division de l’attention
Pour aller le plus loin possible dans l’expérimentation, j’utilise une technique particulière. Dans la pratique classique, il y a souvent une alternance entre les supports de l’attention, sans réelle simultanéité prolongée. Pour dépasser cet obstacle, je pose l’intention de percevoir les deux supports côte à côte, sans qu’aucune pensée ne s’intercale entre eux. Comme s’ils étaient collés l’un à l’autre, seuls au monde, dans une perception pure. J’élimine alors tout bruit intérieur, tout murmure, pour concentrer mon attention exclusivement sur ces deux points.
— Sur la Vacuité
La Vacuité s’entend ici à deux niveaux : celle de la conscience naturelle et celle, surnaturelle, de l’éveil. Dans ce cursus, je n’aborde pas la vacuité naturelle — cela relève d’un niveau avancé (cycle 2 ou 3), car je l’intègre à la conscience surnaturelle de la Présence.
La vacuité surnaturelle désigne l’expérience du vide sans forme, une reconnaissance directe, fulgurante. Ce type d’éveil, très puissant, n’est pas nécessairement atteint dans sa plénitude au cycle 1, mais il est fondamental d’en avoir goûté les premières rives pour progresser.
— Sur la perfection morale
Quand je dis que je n’ai jamais cherché à être parfait, je n’entends pas rejeter la morale, ni les comportements justes ou altruistes. Je les vois non comme des fondements, mais comme des fruits. Cela signifie que je ne m’enchaîne pas à eux, ni dans leur expression ni dans leur absence. Le véritable changement vient d’un intérieur nourri par la lumière de la conscience et de l’Être.
Notre neurobiologie, nos conditionnements, notre karma sont pleins d’anomalies, d’incohérences, de souffrances. Ce n’est pas un problème pour le cheminement. L’important est de se relier à la Présence, non pour fuir ou masquer ces zones d’ombre, mais pour les accompagner.
Cela signifie que nous ne nous centrons plus sur nos comportements (source inévitable de souffrance), mais sur la Présence, la conscience d’être, ou une attention intérieure stable. C’est en restant ainsi centré que l’alchimie peut opérer : une transmutation silencieuse, qui fait son œuvre sans notre volonté.
La bonté, dans cette voie, ne naît pas d’une discipline morale. Elle surgit d’une mutation intérieure, indépendante de notre vouloir. Elle est le fruit du service offert à ce qu’il y a de plus spirituel en nous.
— Sur l’intuition
Certains ont besoin d’instructions intérieures pour orienter leur vie. D’autres s’abandonnent à la Présence et laissent la vie suivre son cours. Il y a plusieurs voix intérieures.
Pour ma part, j’ai privilégié la Voix de l’Être, plus que celle de l’intuition — laquelle dépend souvent de centres psychiques (instinct, sentiment, intellect). Une fois la connexion établie avec la Connaissance, je m’y suis fié. Avant cela, j’utilisais l’intuition. Le problème, c’est qu’elle ne sert pas seulement l’Être : elle sert aussi l’ego et les désirs.
Il est important de le comprendre : l’intuition peut valider des choix en lien avec notre karma ou nos attachements, et non l’appel de l’Absolu.
Mais plus la Présence s’approfondit, plus naissent la sérénité, l’équanimité, la force. Et avec elles, disparaît le besoin d’être guidé, le désir de savoir ce que demain nous réserve. Ne demeure alors que l’Être, dans l’éternité. Même si, bien sûr, il est impossible de maintenir cet état en permanence.
— Sur les désirs
Les désirs sont innombrables. Beaucoup viennent de notre environnement, et peuvent être ignorés. D’autres sont inscrits dans notre karma : nous aurons à cheminer avec eux un temps. Il nous faut apprendre la juste limite, celle qui empêche l’addiction ou l’illusion. Car assouvir un désir l’amplifie.
La meilleure façon de les traverser : les vivre en conscience, en demeurant plus dans la Présence que dans leur accomplissement.
La vacuité surnaturelle aide à s’en libérer. Le cycle 2 permettra de travailler plus activement sur ces désirs, notamment avec la vacuité naturelle et les pratiques du yoga du rêve et du sommeil.
— Lecture conseillée
Lire La voie de la vigilance intérieure de Salim Michael. Pour l’élan intérieur qu’il réveille, et l’exigence qu’il incarne. Ce livre a un souffle de guerrier spirituel qui parlera à certains. Il est parfaitement adapté au premier cycle.