Les bases de toute Voie et ma proposition

Pour comprendre une voie dans ses spécificités, il est important de déjà connaitre les bases de toute voie spirituelle. Voici donc les éléments clés à connaître, socles de toute recherche spirituelle. Ils sont communs à nombre de voies et doivent être intégrés dès le début du cheminement. Cela ne signifie pas qu’ils sont faciles ou basiques : chacun renferme plusieurs niveaux de compréhension, qui se dévoileront progressivement. Ils constituent les fondations d’une édification intérieure : d’abord un chantier, puis une évidence.

Le but principal

Le but principal est de dévoiler notre nature profonde. Il s’agit de se libérer suffisamment des souffrances et conditionnements pour laisser émerger notre Être et notre Conscience dans leur beauté, liberté et sérénité, quelles que soient les circonstances extérieures. Cela est accessible par nature à chaque être humain.

Trois axes

Ce chemin exige trois axes essentiels : un engagement (routine quotidienne, désir), des connaissances (s’ouvrir à une nouvelle compréhension de soi), et une aide avisée (recevoir et valider les outils utiles à ce cheminement).

Engagement et désir

Il est essentiel de se poser la question motrice de ce désir de cheminement. Plusieurs motivations peuvent émerger : trouver un équilibre en situation de stress, apporter sérénité au quotidien, rencontrer le Divin, découvrir sa profondeur, guérir certains maux, se libérer de conditionnements douloureux… Mais comme le disait Salim, nous ne savons pas vraiment ce que nous voulons au plus profond de nous-mêmes. Nous ressentons un appel, une intuition, un manque mystérieux. Il est donc important de revenir régulièrement à la question : « Quelle est la nature de mon désir ? » pour la clarifier et la nourrir. Ce désir est un moteur puissant du chemin intérieur.

La connaissance de l’attention

Le socle central d’une voie spirituelle est l’attention. L’attention est la clé de tout. C’est l’outil invisible de la méditation : comprendre que nous l’utilisons sans le savoir, qu’elle est la seule maîtrise profonde capable de changer la vie en nous, de dévoiler ce que nous sommes et ce qui se trouve en nous. L’attention est comme un faisceau lumineux que nous portons, consciemment ou non, vers les zones en nous que nous souhaitons activer ou éclairer. Lire, écrire, bricoler, faire du sport ou communiquer : tout commence par une attention qui ouvre une fenêtre sur notre tableau de bord intérieur. En découvrant cela, on apprend à ouvrir ou fermer les fenêtres intérieures que l’on souhaite ou non laisser actives. C’est la base de la concentration, du lâcher-prise, de l’observation, de la vigilance, de l’ouverture intérieure et de la connexion à l’instant présent. Un soft pouvoir de notre équilibre intérieur.

Puis l’attention dévoile des dimensions plus profondes : la nature de notre conscience, ses trésors. C’est alors un chemin d’harmonie, de paix, de bonheur. Et encore une fois, l’attention demeure au cœur d’un mystère immense.

Le chemin avec l’attention vous conduit à mieux accéder au lâcher-prise, à en comprendre la valeur essentielle. Et le lâcher-prise vous mène à ce moment clé du chemin : mourir à certains aspects en soi. C’est une étape précieuse, source de renouveau et de renaissance. Ce ne sont jamais « vous » qui mourrez, mais uniquement des aspects auxquels vous étiez attachés, devenus inutiles voire toxiques pour votre chemin actuel. Il est inutile de garder sa fourchette après le repas de midi si l’on va faire du vélo ou reprendre le travail — lâchons-la. Il est inutile de garder tous ses jouets d’enfant à l’âge adulte — c’est trop encombrant. Craindre ces morts intérieures, c’est laisser trop d’attention prisonnière dans ces fonctionnements, sans réaliser qu’elle vous maintient dans un mode où souffrance et dysfonctionnement persistent. Couper, c’est libérer ces forces investies, longtemps prisonnières, incapables d’autre chose que nourrir ce qui nous pèse.

La connaissance du mental

Le mental et les conditionnements (familial, éducatif, social, personnel) sont les nuages qui masquent la réalité du soleil de l’Être que nous pouvons incarner. Ce que vous cherchez se situe au-delà du mental et de vos conditionnements. Pourtant, vous y êtes profondément attachés, souvent plus que vous ne le pensez. Le chemin consiste à comprendre leur juste place et à vous en libérer progressivement, hors de leur emprise parfois violente ou exclusive. Une partie essentielle de la Voie est d’apprendre à vivre différemment, grâce à une ouverture du champ de conscience qui dépasse nos limites. Elle vous invite à une ouverture particulière parmi des dizaines de possibles. À mesure que votre réalité intérieure se dévoile — votre feu spirituel, votre appétit de sérénité, votre pouvoir de lâcher-prise, votre désir d’être — vous vous engagez dans une aventure extraordinaire, qui durera toute votre vie. Vous ne pouvez imaginer toutes les merveilles à découvrir en lien avec la Conscience et l’Être.

Ma proposition

La voie que je vous propose se trouve explicitée dans le texte Le guide de l’Éveil et des réalisations. Maintenant que nous avons vu les bases de toute voie voici les spécificités de la voie proposée ici : la notion des deux cercles, une approche particulière de la Connaissance, et une pratique vivante et accompagnée.

Les deux cercles

Je structure mon enseignement en deux cercles pour vous protéger de vous-même. Je ne vous parlerai ici que du premier cercle, afin de ne pas donner à votre cerveau des données inutilisables qui fausseraient le processus. Cela garantit que le cheminement reste clair et direct. Dans ce premier cercle, toute l’attention se porte sur la Présence : ce qu’elle est, pourquoi, comment l’accueillir.

Les outils de la connaissance sont vides en soi. Ce n’est pas la richesse des mots qui importe, mais l’expérience cachée en eux. Il n’y a rien d’ésotérique ici, simplement un chemin pour celles et ceux qui se sentent appelés. Quand on est dans le premier cercle, rien n’est à aller chercher dans le second : ses outils y sont obstacles.

Chaque cercle est autonome, sans continuité naturelle entre les deux. Le passage du premier au second se fait uniquement lorsqu’une proposition de l’enseignant résonne en vous. Et ce second cercle ne peut être abordé que lorsque le premier a été accompli en totalité.

La connaissance dans le premier cercle


Elle est essentielle car elle offre les moyens d’accéder à la Présence via des outils comme l’accueil, la division de l’attention et l’équilibre de la trinité intérieure. Ces outils sont, sous cette forme et association, spécifiques à la voie que je vous propose.

Une autre spécificité est celle de l’association de l’idée non duelle (Tout est déjà là) avec celle d’une œuvre spirituelle intérieure (en attente de création).

Cette connaissance permet avant tout de découvrir progressivement le sens de sa vie en révélant la valeur et la signification de la Présence.

La vision directe de l’enseignant


Un des éléments particuliers de ce chemin est la présence vivante d’un accompagnement direct. Sur la voie intérieure, là où se jouent les mouvements subtils de l’attention et de la conscience, l’enseignant peut lire — en temps réel — les processus en cours chez l’aspirant. Il ne se contente pas d’enseigner des principes généraux ; il accompagne le travail intérieur en le percevant pendant qu’il s’opère, et aide à sa reconnaissance. Cela permet d’éclairer des expériences encore floues, de confirmer certaines intuitions naissantes, et d’accélérer considérablement l’intégration. Il ne s’agit pas ici de dépendance, mais de gagner en clarté pour une autonomie grandissante dans la conscience.

Concrètement, cela signifie que je peux ajuster la pratique quotidienne de l’aspirant. Contrairement à la plupart des enseignements, où une forme fixe est transmise (souvent une méditation centrale, répétée à l’identique chaque jour, quels que soient les résultats ou les états traversés), je propose une approche évolutive, issue d’une lecture vivante du chemin intérieur. C’était le cas dans l’enseignement que j’ai reçu de Salim Michael, dont la pratique était fondée sur la régularité d’une forme précise. Cette voie est précieuse. Je m’en suis nourri. Mais je propose ici un angle complémentaire, non opposé.

Sur ce chemin, j’adapte fréquemment la pratique d’un aspirant au fil de ses transformations. La non-forme est un appui fondamental : elle permet à la Présence de se dévoiler sans être enfermée dans un cadre rigide. Mais cette souplesse doit être tenue avec discernement. L’aspirant ne doit pas se perdre dans l’instabilité ou le doute. Il est donc essentiel qu’il dispose de repères solides — des formes simples, ajustées, vers lesquelles il peut toujours revenir, notamment dans les périodes de confusion ou d’épreuve.

Je le rappelle ici avec force : mon rôle n’est pas de remplacer un maître intérieur, mais d’aider à la découverte vivante de la Présence du Soi. Lorsque cette rencontre a lieu, la dépendance disparaît d’elle-même. L’aspirant peut alors s’appuyer sur une pratique qui devient sienne — stable, féconde, silencieusement nourrissante. Il n’est pas question de changer la forme par habitude ou par peur de la forme. Une forme de méditation qui ouvre presque invariablement à la Présence est précieuse. Elle mérite d’être approfondie, intégrée dans la chair, inscrite jusque dans le système nerveux.

(extrait du guide de l’Éveil et des réalisations)

Stéphane Morelle


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