LES LIMITES DU CERVEAU ET LA PRÉSENCE


Sans qu’il soit possible de le percevoir au départ, notre cerveau est limité en matière de compréhension et d’être.

Les limites de compréhension

Les limites de la compréhension sont difficiles à détecter pour chacun, même si parfois on peut les percevoir chez un autre dont le fonctionnement diffère. Mais cette perception reste partielle et ne révèle en rien l’immensité de notre incompréhension. J’entends par là une incompréhension structurelle : elle ne peut pas être « réparée », car rien n’est cassé ; c’est une limite indépassable, inscrite dès notre naissance.

Je ne parle pas ici seulement des connaissances à acquérir dans un chemin spirituel : elles sont indispensables et précieuses, et dévoiler notre intelligence fait partie du chemin. Je parle d’une limite que porte notre cerveau et qu’il ne peut combler. Cette limite est importante à reconnaître car elle nous rappelle deux choses : premièrement, nous ne pouvons jamais saisir la complexité totale de la réalité, surtout dans le domaine spirituel ; deuxièmement, nous ne pouvons maintenir en mémoire active toutes les compréhensions réalisées. À chaque instant, seule une partie est présente. L’être humain devient alors volatile dans sa perception : changeant selon les pensées actives, comme s’il portait des lunettes colorées qui changent plusieurs fois par jour.

Sensation d’être

Un aspect encore plus subtil concerne la sensation d’être lié au cerveau. Sans le réaliser, nous sommes traversés par des vagues de pensées successives, souvent sans lien logique. Et même en constatant cette discontinuité, nous continuons à croire en une continuité que le cerveau produit : une impression d’essence ou d’être. Mais il est possible, comme je l’ai expérimenté, de percevoir la discontinuité de cet « être » cérébral. Lorsque nous atteignons une clarté profonde de la Conscience — celle qui traverse ou englobe la conscience naturelle, surnaturelle et même celle des rêves — il devient possible de voir cette discontinuité flagrante. L’illusion tombe. C’est à la fois étrange de constater le bégaiement du cerveau et sa totale impermanence, et une beauté infinie que de sentir cette Conscience si vaste, dépassant le cerveau, apportant une continuité véritable, une paix réelle, une espérance qui rend caducs toutes les ignorances et illusions du passé.

La Présence

Cela conduit à envisager la Présence comme notre seule réalité pérenne. Progressivement, nous devons intégrer dans chaque cellule la valeur de la Présence, ici et maintenant, mais aussi dans l’après-vie. Tout le reste est une forme d’illusion, qui n’est pas en soi un mal, mais sur laquelle il est vain de s’appuyer ou de construire sans la Présence. Avec la Présence, l’illusion prend tout son sens, car elle permet à la Présence de grandir à travers les expérimentations menées sous son regard.

(extrait du texte Guide d’Éveil et de Réalisation.)

Stéphane Morelle


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